Mathieu Dossevi, comment jugez-vous la montée en puissance de l’équipe à travers ces matchs de préparation ?Nous
avons commencé gentiment par Sannois, équipe de National. C’était
vraiment le match de préparation-type, nous nous sommes imposés assez
largement (4-0). Ensuite, nous avons joué Angers et Châteauroux,
c’était déjà un peu plus coriace, mais nous étions surtout dans une
période où nous courrions beaucoup. Nous cravachions pas mal et ça
s’est un peu répercuté sur ces matchs où nous manquions un peu de jus
et de gnac. Nous n’avons donc pas pu faire de bonnes prestations. Hier
(mercredi), nous avons montré un meilleur visage. Nous avons été plus
agressifs et nous aurions franchement mérité de gagner.
D’un point de vue personnel, comment vivez-vous cette préparation avec le groupe pro ?Pour
moi, ce n’est pas comme si j’étais en train de découvrir. L’année
dernière, j’ai passé les six derniers mois avec les pros, donc ça a
facilité un peu le travail. Et là, je suis dans la continuité. Le but
est d’essayer de m’imposer dans cette équipe. J’ai pour ambition
personnelle d’être un maximum dans le groupe, sans griller les étapes.
Si je peux faire quelques entrées en jeu par-ci par-là, ce sera déjà
bien pour moi. Ça va déjà passer par de bonnes prestations dans les
matchs amicaux, donc c’est ce que j’essaie de faire. Contre Caen, j’ai
marqué, donc je gagne quelques points. Gervinho est parti aux
JO, Brahim El Bahri s’est blessé hier (mercredi), indirectement ça libère de la place. A moi de saisir ma chance.
Psychologiquement,est-ce que le fait d’avoir signé votre premier contrat pro changebeaucoup de choses pour vous par rapport à l’année dernière ?C’est
clair. L’année dernière, j’avais un peu une épée de Damoclès au dessus
de la tête. Je me disais que si je ne faisais pas ce qu’il fallait ou
que je n’étais pas bon, le contrat ne serait pas là. Alors que là,
aujourd’hui, je sais que je suis lié au club pour trois ans, donc je
suis obligé d’être plus libéré quelque part. Je me dis que tout reste à
faire mais que ce contrat lui est là et bien là au moins
F.Thomas
Frédéric Thomas, vous reprenez avec Le Mans. Avec tous lesdéparts enregistrés, votre arrivée est une bonne nouvelle pour le club.Presque le transfert de l’année…Je ne sais pas si on peut
appeler cela le transfert de l’année (rires). Après, c’est une surprise
je pense pour tout le monde que je revienne ici. Mais j’ai l’impression
de n’être jamais vraiment parti. Pourtant, les structures du club ont
changé et ça fait donc un peu bizarre.
Les structures ont changé, les joueurs aussi. Même s’il reste quelques amis comme Yohan Pelé…C’est
le retour dans un club que je connais, où les dirigeants n’ont pas
bougé mais les joueurs, eux, ont changé. Il y a beaucoup de jeunes
joueurs que je connaissais malgré tout parce que je les avais croisés
au centre de formation. Mais l’effectif a beaucoup évolué en deux ans.
Quels seront vos objectifs avec Le Mans ?Il
faut d’abord penser au maintien. On a vu les équipes qui étaient en
difficulté l’année dernière. Ce n’était pas vraiment les « petites
équipes ». Ça peut arriver à tout le monde. Il faut prendre un bon
départ pour assurer le plus vite le maintien et voir ensuite ce qu’on
peut attraper. Mais il ne faut pas perdre de vue cet objectif. Il faut
pérenniser le club en Ligue 1 et après, on ira chercher ce qu’on peut
aller chercher.
« Une année cauchemardesque ! »Parmi les équipes en difficulté, il y avait votre ancien club, l’AJ Auxerre. Votre seconde année a été difficile dans l’Yonne…Oui,
la deuxième année a été compliquée. La première avait été globalement
bonne. La seconde a été difficile avec le départ de pas mal de joueurs
cadres. On a eu ensuite un mauvais début de saison. J’ai eu une longue
blessure. Année cauchemardesque ! C’est la première fois que je me
blessais aussi longtemps dans ma carrière. Ça n’a pas été terrible.
Et ce n’est pas dû à un problème d’adaptation à un nouveaufootball puisqu’avec Benoît Cheyrou notamment, l’année d’avant avaitété bonne pour vous…C’est clair : je pense que la deuxième
année était la plus difficile de ma carrière. On n’a pas joué à notre
niveau. On a pris un si mauvais départ qu’on a toujours été obligés
d’essayer de rattraper notre retard. On a lutté toute l’année pour
remonter ce handicap. En plus, on n’a pas joué à notre niveau. Tout ça
a fait qu’on a eu une saison très difficile…
L’avantage au Mans, c’est que vous ne jouerez plus arrière droit…Oui,
oui… (rires). Ça n’est pas très grave en soit. A Auxerre, dans notre
situation, on n’avait pas le temps de blâmer celui qui jouait à droite
ou à gauche. On me disait juste « tu joues à droite » et je jouais à
droite. Il n’y avait pas lieu de faire plus de problèmes car on n’avait
pas le temps pour ça. Il fallait des résultats. Et vite. Mais c’est
vrai qu’à droite, je n’ai pas trop apprécié. Mais c’est le football.
Revenons au Mans, un mot sur votre nouveau coach, Yves Bertucci, qui n’a pas d’expérience à ce niveau…Il
ne faut pas être inquiet. Il faut se rappeler aussi que quand Le Mans a
recruté Monsieur Hantz, il n’avait pas de club. Il est venu ici et sa
première année a été formidable. On a continué sur le bon chemin
ensuite. Maintenant, le coach d’aujourd’hui, il vient avec ses
certitudes, ses convictions. Il est au club depuis dix ans donc il a un
savoir-faire. On va essayer de l’aider à l’intégrer au plus vite.
L’avantage, c’est qu’il connaît tout le monde, notamment les jeunes. Il
y a toujours eu des solutions ici en interne. Le club a toujours su
former des joueurs pour remplacer ceux qui partent.